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© Jean-Jacques Sérol

Géraldine Langlois appartient à la catégorie de photographes de plus en plus rare qui prend le temps de penser et de préparer ses voyages, parcourt les distances, se pose, regarde puis témoigne, à l’instar des grands voyageurs d’autrefois. L’attention de la photographe se porte d’avantage sur l’inépuisable paysage humain que sur les espaces. Ses photographies racontent avant tout sa capacité d’attention et d’échange, sa générosité ; elles sont construites sur les relations qu’elle tisse avec grand naturel avec ceux qu’elle rencontre. Géraldine Langlois revient parfois sur ses pas mais surtout, au travers de ses tirages, elle garde malgré le temps et la distance géographique, une relation affectueuse surprenante avec les personnes photographiées. Cette rencontre de l’autre s’accomplit sur le mode d’une photographie directe, dénuée d’artifices. Géraldine Langlois ne tente pas d’élaborer une esthétique nouvelle ou sophistiquée. Ces sont ses personnages qui remplissent le cadre, leurs regards qui retiennent le notre. Protagonistes, ils définissent le paysage tel une géographie humaine. Ce qui frappe dans ces images, c’est leur intemporalité et leur sincérité. Elles sont empreintes de cette empathie avec le sujet photographié propres au grand courant humaniste, qui a dominé la photographie des 1930 aux années 1960 et dont le langage immédiat par l’image transmettait des messages de fraternité universelle. La démarche de Géraldine Langlois s’inscrit dans cette tradition. Somme précieuse et variée de rencontres, son travail est un long journal de voyage sans annotations où ce sont les regards qui parlent à la place des mots, miroirs d’histoires récentes ou de traditions anciennes.

A Cuba ou en Guinée-Équatoriale, la photographe enregistre les moments ordinaires d’un quotidien difficile : travaux épuisants, longues distances à parcourir, pénuries de toutes sortes. Mais la fierté des postures, la grâce et les yeux rieurs des jeunes filles laissent entrevoir d’autres dimensions. Les paysages et les intérieurs interviennent en tant qu’éléments et décors du récit. L’attention est toujours centrée sur les hommes et les femmes qui les traversent ou les habitent.

A Calcutta, elle photographie avec tendresse et pudeur les enfants de la rue, dans des lumières qui enveloppent leur détresse. Par ses cadrages serrés, au plus près des modèles, elle soutient leurs regards qui nous interrogent et nous bouleversent. Elle nous révèle une autre Inde avec les images des stars de Bollywood, qui depuis les écrans ou les affiches, font rêver tous les jours des millions de personnes. Géraldine Langlois s’intéresse aussi aux manifestations religieuses. Elle s’intéresse à la spiritualité indienne comme le révèle son reportage sur la Durga Puja, ou encore aux cérémonies de la Semaine Sainte à Séville ou de la Bravade de Saint-Tropez.

Depuis quinze ans, Géraldine Langlois part à la rencontre de peuples et de gens qui en général font le voyage inverse, suivant le rêve d’une existence meilleure et affrontant mille difficultés et dangers. Ils arrivent vers nous démunis et privés à nos yeux d’un passé dont nous ignorons presque tout.
Les images qu’elle réalise nous rapprochent d’eux, nous aident à connaître leur histoire et rendent compte de la dimension humaine des problématiques sociopolitiques. La photo est bien alors ce vecteur de connaissance et de découverte, capable de noter, d’interpréter et, si nécessaire, de dénoncer. Si la photographie ne peut pas changer la réalité, elle peut au moins en améliorer la perception et la conscience. Entre deux voyages, l’objectif de Géraldine se pose en Belgique sur les gens croisés dans la rue et les cafés, dans les gares ou le métro, sur les adolescents, les participants de parades ou de fêtes populaires. Un quotidien serein et ordinaire, qu’elle revisite avec l’humour et la pertinence de son regard sensible.

Texte rédigé par Laura Serani,
Commissaire de l’exposition rétrospective ‘Rencontres’ présentée au Musée d’Ixelles à Bruxelles en septembre 2007.

Géraldine Langlois appartient à la catégorie de photographes de plus en plus rare qui prend le temps de penser et de préparer ses voyages, parcourt les distances, se pose, regarde puis témoigne, à l’instar des grands voyageurs d’autrefois. L’attention de la photographe se porte d’avantage sur l’inépuisable paysage humain que sur les espaces. Ses photographies racontent avant tout sa capacité d’attention et d’échange, sa générosité ; elles sont construites sur les relations qu’elle tisse avec grand naturel avec ceux qu’elle rencontre. Géraldine Langlois revient parfois sur ses pas mais surtout, au travers de ses tirages, elle garde malgré le temps et la distance géographique, une relation affectueuse surprenante avec les personnes photographiées. Cette rencontre de l’autre s’accomplit sur le mode d’une photographie directe, dénuée d’artifices. Géraldine Langlois ne tente pas d’élaborer une esthétique nouvelle ou sophistiquée. Ces sont ses personnages qui remplissent le cadre, leurs regards qui retiennent le notre. Protagonistes, ils définissent le paysage tel une géographie humaine. Ce qui frappe dans ces images, c’est leur intemporalité et leur sincérité. Elles sont empreintes de cette empathie avec le sujet photographié propres au grand courant humaniste, qui a dominé la photographie des 1930 aux années 1960 et dont le langage immédiat par l’image transmettait des messages de fraternité universelle. La démarche de Géraldine Langlois s’inscrit dans cette tradition. Somme précieuse et variée de rencontres, son travail est un long journal de voyage sans annotations où ce sont les regards qui parlent à la place des mots, miroirs d’histoires récentes ou de traditions anciennes.

A Cuba ou en Guinée-Équatoriale, la photographe enregistre les moments ordinaires d’un quotidien difficile : travaux épuisants, longues distances à parcourir, pénuries de toutes sortes. Mais la fierté des postures, la grâce et les yeux rieurs des jeunes filles laissent entrevoir d’autres dimensions. Les paysages et les intérieurs interviennent en tant qu’éléments et décors du récit. L’attention est toujours centrée sur les hommes et les femmes qui les traversent ou les habitent.

A Calcutta, elle photographie avec tendresse et pudeur les enfants de la rue, dans des lumières qui enveloppent leur détresse. Par ses cadrages serrés, au plus près des modèles, elle soutient leurs regards qui nous interrogent et nous bouleversent. Elle nous révèle une autre Inde avec les images des stars de Bollywood, qui depuis les écrans ou les affiches, font rêver tous les jours des millions de personnes. Géraldine Langlois s’intéresse aussi aux manifestations religieuses. Elle s’intéresse à la spiritualité indienne comme le révèle son reportage sur la Durga Puja, ou encore aux cérémonies de la Semaine Sainte à Séville ou de la Bravade de Saint-Tropez.

Depuis quinze ans, Géraldine Langlois part à la rencontre de peuples et de gens qui en général font le voyage inverse, suivant le rêve d’une existence meilleure et affrontant mille difficultés et dangers. Ils arrivent vers nous démunis et privés à nos yeux d’un passé dont nous ignorons presque tout.
Les images qu’elle réalise nous rapprochent d’eux, nous aident à connaître leur histoire et rendent compte de la dimension humaine des problématiques sociopolitiques. La photo est bien alors ce vecteur de connaissance et de découverte, capable de noter, d’interpréter et, si nécessaire, de dénoncer. Si la photographie ne peut pas changer la réalité, elle peut au moins en améliorer la perception et la conscience. Entre deux voyages, l’objectif de Géraldine se pose en Belgique sur les gens croisés dans la rue et les cafés, dans les gares ou le métro, sur les adolescents, les participants de parades ou de fêtes populaires. Un quotidien serein et ordinaire, qu’elle revisite avec l’humour et la pertinence de son regard sensible.

Texte rédigé par Laura Serani,
Commissaire de l’exposition rétrospective ‘Rencontres’ présentée au Musée d’Ixelles à Bruxelles en septembre 2007.

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